Les trèfles, des plantes compagnes candidates aux couverts semi-permanents

5 novembre 2018

Trèfle blanc et trèfle violet sont de petites légumineuses qui ont leur mot à dire face à la féverole, qui est souvent présentée comme la plante compagne idéale parce qu’elle gèle dès les premiers grands froids.

C’est donc une autre perspective qui anime les chercheurs, celle de couverts certes plus lents à s’installer, mais plus durables.

Dans le Sud-Ouest, le trèfle violet

Agro d’Oc est une structure coopérative qui unit 50 CETA du Sud-Ouest sur des projets d’agriculture plus durable. Sylvain Hypolite, ingénieur Recherche et Développement, observe depuis 6 ans la progression du semis de colza avec le trèfle violet comme plante compagne.

« Cette espèce se comporte bien sous colza et elle est plus facile à gérer par la suite que le trèfle blanc : elle a un port plus dressé que le trèfle blanc, au port très rampant » indique-t-il.

Dans le Sud-Ouest, où la rotation colza-blé-tournesol (ou sorgho) est souvent pratiquée, le trèfle violet reste deux ans en place. Semé au même passage que le colza, le trèfle violet est implanté à petite dose (5 kg/ha maximum). En raison de la relative lenteur de cette légumineuse à s’implanter, il faudra en passer par une élimination chimique des adventices à l’automne, puis par un contrôle du développement du trèfle violet en sortie d’hiver. Le clopyralid à petite dose le permet.

Un effet sur le rendement du blé suivant

Le couvert de trèfle violet ne détériore pas le rendement du colza auquel il est associé. Par contre, la légumineuse restitue entre 20 et 50 unités d’azote pour le blé suivant. Dans les essais Agrod’Oc, le rendement et le taux de protéines du blé étaient meilleurs que ceux du blé-témoin, à apports d’azote égaux en végétation. Sylvain Hypolite ajoute que le climat du Sud-Ouest aidant, une fois la récolte du colza effectuée, une récolte du trèfle violet en semences ou en fourrage est même envisageable.

Gérer deux espèces et deux doses de semis depuis la console en cabine, c’est l’intérêt de la trémie DUO Sulky.

En sols acides, un couvert « semi-permanent » avec le trèfle blanc nain

Comme le trèfle violet, le trèfle blanc se développe très peu à l’automne. Peu sensible au gel, sa croissance ne débute qu’au printemps, et il « explose » dès que le colza est récolté, car il a alors accès à la luminosité. De ce fait, il peut être ajouté dans un mélange de légumineuses gélives pour viser un développement rapide des plantes compagnes en début de culture de colza et bénéficier de tous les avantages d’une association : réduction de la pression des adventices et des ravageurs.

Semences de trèfle blanc nain en comparaison d’un grain de blé.

Point important, comme chacun le sait, la profondeur de semis des petites légumineuses, dotées de peu d’énergie germinative, doit rester superficielle.

Si le couvert de légumineuses permet d’avoir un sol toujours couvert (pour ne pas laisser la place aux adventices), il présente un autre avantage pour les éleveurs : un fourrage de haute valeur protéique disponible avec un gros mois d’avance sur toute culture fourragère qui serait semée immédiatement après la récolte du colza ! On peut escompter une production de biomasse de 15 à 30 t/ha, soit jusqu’à 4 t MS/ha de trèfle à valoriser ou laissé en place pour la culture suivante, selon l’objectif de l’éleveur.

Jalon Magazine

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