Implantation : réussir une luzerne

13 décembre 2016

Arvalis – Institut du végétal – est catégorique : le choix de la parcelle, la date et le mode d’implantation sont trois paramètres fondamentaux à prendre en compte avant d’implanter une luzerne. Le bon démarrage de la culture est la priorité afin d’optimiser les rendements. La luzerne est une légumineuse vivant en symbiose avec Rhizobium meliloti. Cette bactérie a la capacité de fixer l’azote présent dans l’air et de le rendre disponible pour la plante. La culture présente un développement normal « si et seulement si » Rhizobium meliloti est présente sur ses racines, au sein des nodosités. Ces bactéries existent naturellement dans le sol mais doivent le plus souvent être inoculées à la semence avant le semis. C’est particulièrement le cas si la parcelle n’a pas accueilli une luzerne depuis cinq ans, si son pH est inférieur à 6, ou si le sol a une faible teneur en matière organique (< 1 %). L’inoculation s’effectue le jour du semis, en mélange avec les semences de luzerne. Certains seme

Luzernière en andains, mi-juillet.
Luzernière en andains, mi-juillet.nciers ont commencé à proposer des précidoses (correspondant à un demi-hectare), allant jusqu’à enrober les graines avec un pelliculage multicouches à effet « booster ».

 

Des sols plutôt drainants
C’est pourquoi l’un des premiers critères de choix de la parcelle concernera le type de sol, qui doit être drainant et aéré. Il faut donc éviter les sols hydromorphes ou compactés. Il est également essentiel de choisir une parcelle avec un pH supérieur à 6. Dans le cas contraire, un chaulage de redressement peut être réalisé juste avant l’implantation de la culture.
Selon les tableaux du COMIFER1, la luzerne est moyennement exigeante en phosphore et très exigeante en potasse.

Chaulage : si le pH de la parcelle est inférieur à 6, il est préférable d’utiliser un amendement basique rapide d’action, comme la chaux ou le carbonate pulvérisé.
Chaulage : si le pH de la parcelle est inférieur à 6, il est préférable d’utiliser un amendement basique rapide d’action, comme la chaux ou le carbonate pulvérisé.

Compte tenu de l’investissement que représente son implantation, une analyse de sol l’année précédant le semis peut donc s’avérer utile. Elle permet d’identifier les points de blocages éventuels et d’y remédier par une fertilisation raisonnée et adaptée au contexte, même si dans les faits, les cas où ce type d’opération est nécessaire sont peu fréquents.
Quel est le bon créneau pour semer ?
Le choix de la date de semis doit se faire en fonction des conditions d’humidité rencontrées. Les meilleurs créneaux se situent en été – début d’automne, ainsi qu’au printemps.
Dans les zones bénéficiant de pluies entre mi-août et mi-septembre, il est conseillé d’implanter la luzerne en été le plus tôt possible si les conditions climatiques le permettent (voir cartes).

 

Dates de semis : printemps (à gauche) et fin d’été (à droite) sont les périodes les plus favorables.
Dates de semis : printemps (à gauche) et fin d’été (à droite) sont les périodes les plus favorables.

Un semis précoce assure en effet une production dès le printemps suivant, ainsi qu’une couverture du sol pendant l’hiver. Cependant, selon la rotation en place et le risque d’échec lié à des conditions sèches de fin d’été, il peut être préférable de semer la culture au printemps. Dans ce cas, en plus des risques de sécheresse précoce, il faudra étudier les possibilités de gel tardif, néfaste à la luzerne. Généralement, la période entre le 15 mars et le 20 avril est idéale à cette saison.
Semis classique ou sous couvert
Pour le mode d’implantation, le semis classique est très courant. L’objectif est d’assurer une levée homogène et rapide. Pour cela, la préparation du lit de semences doit être relativement fine, avec des mottes inférieures à 0,5 cm. La graine de luzerne étant très petite (compter 900 graines/m2 !), il faut veiller à semer peu profond, à environ 1 cm. Au-delà de 2 cm, le taux de levée diminue fortement.
« En pur », la densité de semis est de 25 kg/ha à l’automne contre 20 kg/ha au printemps.
Implanter sous couvert est aussi une technique qui présente de bons résultats. Elle se réalise au printemps uniquement. Les deux espèces les plus couramment associées à la luzerne sont l’orge et le tournesol. La pratique consiste à semer la légumineuse à 25 kg/ha, puis l’orge à 80 kg/ha. Sous couvert de tournesol, il est conseillé d’implanter d’abord l’oléagineux à 4,5 kg/ha, puis la luzerne à 25 kg/ha.

Maitrise de la profondeur de semis : au-delà de 2 cm, le taux de levée de la luzerne diminue fortement.
Maitrise de la profondeur de semis : au-delà de 2 cm, le taux de levée de la luzerne diminue fortement.
Jalon Magazine

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